Langues régionales
14 août 2008Nous prenons acte du vote d’un amendement à l’article premier de la constitution par l’Assemblée nationale le 22 mai 2008, qui stipule qu’en France « les langues régionales appartiennent à son patrimoine ». Cette étape importante fait suite à un long débat sur la place et le rôle des langues et des cultures régionales en Europe et singulièrement en France.
La très grande majoritĂ© des dĂ©putĂ©s qui se sont exprimĂ©s ont regrettĂ© que la France accuse un retard gigantesque comparĂ©e aux autres États de l’Union europĂ©enne dans la dĂ©fense de la diversitĂ© linguistique et culturelle. En effet la France n’a pas ratifiĂ© la Charte EuropĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires, mis en signature le 05 novembre 1992, mĂŞme si elle en retient le 07 mai 1999 trente neuf engagements.
Cet amendement du 22 mai 2008 semble lever un des obstacles majeurs exposés dans la décision du conseil constitutionnel du 15 juin 1999, à savoir la modification préalable de la constitution. En ce sens, le travail continue en vue de l’examen de cet amendement par le Sénat et en deuxième lecture du texte par l’Assemblée nationale.
Il reste l’essentiel, la ratification de la charte qui pourrait permettre de donner une vraie place à la langue créole, et dans cette perspective, favoriser son audience sur les ondes et les fréquences, et mieux l’intégrer dans l’éducation et les programmes scolaires.
Il s’agit d’une exigence pour répondre aux enjeux de la pluralité linguistique et à la diversité culturelle afin que la France accède enfin à la modernité, s’ouvre à la complexité, à la diversité du monde contemporain, et reconnaisse qu’elle est constituée de « pays ».
Les vicissitudes de l’histoire font que notre langue crĂ©ole soit intĂ©grĂ©e Ă ce qu’il est convenu d’appeler les « langues rĂ©gionales ». C’est certainement une perception qui relève d’une centralisation poussiĂ©reuse, et qui, surtout, mĂ©connaĂ®t l’idĂ©e que, dans le monde actuel, une grande nation est composĂ©e de « pays », c’est-Ă -dire d’espaces culturels et linguistiques variĂ©s dont la vitalitĂ© et la prĂ©sence positivĂ©es dans le concert des cultures et des langues du monde, est ce qui constitue sa vitalitĂ© globale la plus essentielle, tant sociale, que culturelle, et finalement Ă©conomique, les fondements de l’émancipation de l’Homme.
A cette vision conservatrice nous opposons que la France est un pays de diversité historique, culturelle et linguistique, et d’entités singulières qui lui viennent de son histoire, dont la plénitude et la valorisation par toutes les formes possibles, font partie du rayonnement de la France en elle-même, en Europe et dans le monde ».
C’est là le socle minimal d’un grand pays moderne.




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