Travail, emploi et pouvoir d’achat
14 août 2008M. le président. La parole est à M. Serge Letchimy.
M. Serge Letchimy. Monsieur le prĂ©sident, messieurs les secrĂ©taires d’État, mes chers collègues, j’interviendrai, au nom de M. Victorin Lurel, sur trois points.
Le premier concerne l’asphyxie des collectivitĂ©s locales. Comment financer, en effet, les diffĂ©rentes mesures contenues dans ce texte ? Je ne m’interrogerai pas sur leur pertinence ; d’autres l’ont fait avant moi. Mais il apparaĂ®t clairement que le coĂ»t de la plupart des rĂ©formes annoncĂ©es par le Gouvernement sera financĂ© par d’autres acteurs, notamment les collectivitĂ©s locales, le consommateur et la sĂ©curitĂ© sociale. Qui paiera, au final, sinon l’assurĂ© social, le contribuable local et le consommateur ?
Le Premier ministre a lui-mĂŞme annoncĂ© dans son discours de politique gĂ©nĂ©rale qu’en 2008, les dotations de l’État aux collectivitĂ©s locales ne pourraient pas augmenter plus que l’inflation. Le Gouvernement fait peser lĂ une rĂ©elle menace d’asphyxie sur les finances des collectivitĂ©s locales, notamment d’outre-mer, structurellement plus fragiles encore que celles de l’hexagone. Cette dĂ©cision, annoncĂ©e sans la moindre concertation avec les grandes associations d’Ă©lus locaux, concrĂ©tise l’abandon unilatĂ©ral par l’État du pacte de croissance et de stabilitĂ© qui le liait depuis de nombreuses annĂ©es aux collectivitĂ©s locales.
Les collectivitĂ©s locales d’outre-mer souffrent d’avoir des ressources financières Ă la fois plus incertaines que dans l’hexagone et infĂ©rieures Ă celles des collectivitĂ©s de mĂ©tropole. Les bases fiscales y sont beaucoup plus faibles et une telle dĂ©cision met donc en pĂ©ril la nĂ©cessaire remise Ă niveau des Ă©conomies ultramarines.
PrivĂ©es des ressources qu’elles attendaient, les collectivitĂ©s locales devront de plus, in fine, prendre en charge le financement de nombreuses mesures annoncĂ©es.
Celui liĂ© au renforcement du bouclier fiscal prĂ©vu Ă l’article 5 du projet de loi qui n’Ă©voque pas la rĂ©partition du coĂ»t entre l’État, les collectivitĂ©s locales et les organismes de sĂ©curitĂ© sociale.
Celui liĂ© Ă la substitution progressive du revenu de solidaritĂ© active au RMI puisqu’il semble que l’État ne compensera aux dĂ©partements que 50 % du surcoĂ»t occasionnĂ©.
Quant aux nouvelles exonĂ©rations de charges prĂ©vues Ă l’article 1er, on ne sait pas si elles seront intĂ©gralement compensĂ©es Ă la sĂ©curitĂ© sociale. Enfin, le projet de loi sur les universitĂ©s que nous examinerons Ă la fin du mois amènera de facto les collectivitĂ©s rĂ©gionales Ă investir dans le patrimoine immobilier universitaire.
Concernant l’outre-mer, une discrimination importante touche les chĂ´meurs. Connaissez-vous le taux de chĂ´mage en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane ? Il se situe entre 25 % et 30 %.
Nous proposerons tout d’abord de mettre fin au scandale de la non-intĂ©gration de ces chĂ´meurs dans les statistiques nationales. Ă€ quel titre les 220 000 chĂ´meurs dĂ©comptĂ©s outre-mer ne figurent-ils pas dans les statistiques nationales ? Nous vous demanderons de faire cesser cette discrimination en adoptant une mesure de justice et d’Ă©galitĂ©.
Nous vous proposerons, d’autre part, par des amendements après l’article 1er, de bonifier – idĂ©alement de 20 % – les dispositifs d’exonĂ©ration de charges pour nos jeunes diplĂ´mĂ©s sans emploi afin de lutter contre ce flĂ©au qu’est, outre-mer, le chĂ´mage des jeunes et plus singulièrement celui des jeunes diplĂ´mĂ©s.
Enfin, nous vous proposerons de traiter un autre problème crucial outre-mer, et en particulier aux Antilles, celui de la pollution des terres au chlordĂ©cone et aux pesticides. Les agriculteurs dont la production est devenue impropre Ă la consommation sont privĂ©s de revenus et se voient confrontĂ©s Ă des contentieux sociaux et fiscaux inextricables du fait de cette catastrophe environnementale. L’État, et singulièrement le ministère de l’agriculture, en est entièrement responsable pour avoir laissĂ© entrer dans ces territoires des poisons interdits partout ailleurs. Le groupe socialiste, radical et citoyen vous propose donc, en guise de compensation, d’exonĂ©rer ces agriculteurs de cotisations.
Sur l’ensemble de ces sujets, auxquels je reviendrai naturellement au moment de la discussion des amendements, nous souhaitons que nos propositions soient entendues.
Enfin, je souhaite intervenir sur la question du logement social et le dispositif du projet de loi relatif Ă la dĂ©ductibilitĂ© des intĂ©rĂŞts d’emprunt. Quels que soient la pertinence et l’intĂ©rĂŞt de cette mesure, je tiens Ă souligner qu’elle n’apportera rien outre-mer. En effet, ce dispositif est exclusif de la dĂ©fiscalisation de l’achat immobilier outre-mer. Ainsi, en rĂ©alitĂ©, aucun effort supplĂ©mentaire n’est consenti dans ce texte pour le logement outre-mer. Permettez-moi donc, monsieur le secrĂ©taire d’État, de vous poser une question très simple : comment l’État va-t-il payer sa dette relative au logement social et consacrer des moyens Ă la construction de logements outre-mer alors que les besoins sont estimĂ©s Ă 120 000 logements supplĂ©mentaires ?
Pour conclure, je rappellerai le point de vue du sĂ©nateur UMP de l’Ardèche Henri Torre qui, dans son rapport d’information de novembre 2006 consacrĂ© au logement outre-mer, dĂ©nonçait « la politique suicidaire » et « la gestion hasardeuse » du Gouvernement dans ce domaine, qui a conduit Ă une situation sans prĂ©cĂ©dent. La dette en matière de logement social se situerait selon lui « dans une fourchette comprise entre 500 millions et un milliard d’euros ». Cette situation me semble extrĂŞmement grave et il faut absolument trouver des moyens de compensation pour y remĂ©dier. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical et citoyen et du groupe de la Gauche dĂ©mocrate et rĂ©publicaine.)
1. Travail, emploi et pouvoir d’achat. – Suite de la discussion, après dĂ©claration d’urgence, d’un projet de loi (nos 4, 62)
M. le président. La parole est à M. Serge Letchimy.
M. Serge Letchimy. Monsieur Carrez, vous avez répondu tout à l’heure en restant dans le cadre de l’article 3. Mais nous devons envisager le dispositif dans le contexte global de la crise du logement.
Rattacher cet avantage fiscal à la rénovation des quartiers donnerait aux ménages modestes la possibilité d’acheter des appartements en cœur de ville et de les restaurer. L’objectif est double : permettre aux gens de devenir propriétaires tout en participant à la restauration du patrimoine.
S’agissant des quartiers dits « populaires » dans les départements d’outre-mer, la loi du 30 décembre 1996 prévoit la régularisation des occupants sans titre, en contrepartie de la mise aux normes d’habitabilité des locaux considérés – il ne s’agit pas simplement de créer de bonnes conditions de vie. Cette mise aux normes doit se faire dans un délai précis.
Il faut donc permettre d’intégrer dans le coût d’achat le financement de la mise aux normes d’habitabilité. Une telle mesure aurait un effet dynamique sur le développement des centres villes anciens.
Par ailleurs, M. le rapporteur général, dans son rapport, indique que les familles des départements d’outre-mer auront à choisir entre crédit d’impôt et défiscalisation. Est-ce à dire que le crédit d’impôt s’appliquera à ceux qui ne choisiront pas la défiscalisation ? La question est importante pour nous et nécessite une réponse précise. Le texte du projet de loi dispose en effet que les dispositions de cet article sont exclusives de celles mentionnées au a de l’article 199 undecies A du code général des impôts, relatif à la défiscalisation.
Les familles non imposables n’ayant pas choisi la défiscalisation bénéficieraient-elles du crédit d’impôt si elles achètent ou font construire un logement ? J’aimerais une réponse claire sur ce point.
M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi.
Mme la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. Sur la question de l’adjonction éventuelle du financement de travaux, il convient de revenir au cœur de la disposition de l’article 3, qui est en fait très simple. Pour encourager l’acquisition d’une résidence principale grâce à l’emprunt, nous ouvrons à tout acquéreur d’une résidence principale un crédit d’impôt égal à 20 % des intérêts payés au titre de l’emprunt, dans la limite de 7 500 euros pour un couple. J’évoquais à l’instant les quatre cas de figure couverts par le dispositif : sont prises en compte non seulement les sommes empruntées pour l’acquisition du logement, mais aussi celles destinées à financer les améliorations qui lui sont apportées.
En ce qui concerne les départements d’outre-mer, où s’appliquent un certain nombre de régimes fiscaux très incitatifs, vous me posez la question de savoir si on est dans un système de liberté et d’option, où celui qui ne bénéficie pas des dispositions fiscales favorables est néanmoins éligible au crédit d’impôt institué par l’article 3. La réponse est oui.
M. Serge Letchimy. Très bien !
Mme la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. Quant à l’amendement n° 61, j’y suis défavorable et je ne lève donc pas le gage.
M. le président. Je mets aux voix l’amendement n° 61.
(L’amendement n’est pas adopté.)
sources site de l’assemblĂ©e nationale



Chargement 



Les compétences régionales touchent de nombreux domaines. Il est admis par tous que le développement économique et l’emploi sont prioritaires.
Or, la lecture des données de l’INSEE, données officielles donc, en matière de chômage des jeunes en Martinique est bouleversante, choquante ou scandaleuse … je ne trouve pas l’adjectif adéquat ! Dans le numéro 73 de la revue Antiane Eco, il est montré que « l’exclusion des jeunes s’accentue en Martinique » et que le taux de chômage des 15-24 ans est passé à 61% en 2009. La moitié d’entre eux étant dans cette situation depuis plus d’un an. 6 jeunes sur 10 au chômage ! Comment ne pas désespérer !
Alors oui, la politique de l’emploi doit bien être une priorité. Mais si l’on veut que nos jeunes croient en leur avenir, il faudrait leur faire connaître quelles mesures sont ou pourront être prises pour améliorer la formation professionnelle et l’accès à un emploi durable et afficher un projet dans lequel ils puissent s’inscrire.
Je souhaite aux équipes qui oeuvrent à la Région du courage et de la persévérance. Merci pour nos jeunes.
madame votre crie du coeur rejoins le min soyons creatif regardons ce qui marche et essayons d’adapter celĂ a notre economie N’ous en avon sla capacite,Le chomage des jeunes n’est pas une tare seul que personne ne veut regarder de ce cote , ?