Pour une nouvelle gouvernance politique
31 aoĂ»t 2008PREMUNIR L’ACTION PUBLIQUE CONTRE LES RISQUES D’EXCLUSION, DE DERIVE ET D’ABUS DU POUVOIR
Dans un système essentiellement reprĂ©sentatif, la tentation est grande d’avoir une lecture Ă la fois passive et statique du mandat : les Ă©lus ont Ă©tĂ© choisis par les citoyens qui leur ont, de ce fait, reconnu des compĂ©tences et accordĂ© leur confiance. Dès lors, il ne leur appartient plus de s’immiscer dans la gestion quotidienne des affaires locales. Tout au plus, ils doivent attendre les prochaines Ă©lections pour Ă©valuer, pour juger leur action et dĂ©cider ou non de renouveler leur mandat. Le seul pouvoir reconnu aux citoyens est celui de choisir ses reprĂ©sentants. Tout le reste du temps, ils sont hors jeu.
Cette logique est d’autant plus suicidaire que les Ă©lus n’ont gĂ©nĂ©ralement aucun rempart contre les dĂ©rives inhĂ©rentes au pouvoir et les risques de dĂ©naturation de l’action publique. Ces dĂ©rives et risques finissent très souvent par se rĂ©aliser. En consĂ©quence, ils faussent et dĂ©crĂ©dibilisent le jeu politique, dĂ©couragent les citoyens et les dĂ©tournent de l’Ă©lection. Ce schĂ©ma est caractĂ©ristique de la crise de gouvernance au niveau local. Un changement de mĂ©thode s’impose.
Tout mandat implique ipso facto, une responsabilitĂ© de laquelle dĂ©coule logiquement un devoir de rendre compte. Ce devoir s’impose donc Ă tout individu et Ă toutes Institutions qui exercent des fonctions ou des missions particulières au nom de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. Dans la gouvernance locale lĂ©gitime, celui s’exerce continĂ»ment tout au long du mandat, soit parce que des circonstances particulières l’exigent et les mandataires sont interpellĂ©s (demande des mandants, mise en cause de la responsabilitĂ© des mandataires, accomplissement d’une mission etc.), soit parce que la pĂ©riodicitĂ© fixĂ©e est Ă©chue.
Dans le mĂŞme temps, il est essentiel que le mandat public s’exerce dans des conditions de transparence telles que chaque acteur, sans entraves et Ă chaque moment, puisse ĂŞtre informĂ© sur l’action publique et vĂ©rifiĂ© sa conformitĂ© Ă la dĂ©libĂ©ration collective et aux règles du jeu. C’est le contrĂ´le citoyen dont la finalitĂ© dont la finalitĂ© n’est certainement pas l’inquisition. Il s’inscrit plutĂ´t dans cette rĂ©alitĂ© que tout homme qui a du pouvoir est portĂ© Ă en abuser. Il va jusqu’Ă ce qu’il trouve des limites. Par la force des choses, il faut que le pouvoir arrĂŞte le pouvoir.
Une dimension fondamentale du contrĂ´le serait la consĂ©cration de moments et d’espaces oĂą, Ă l’initiative des citoyens, les responsables seraient amenĂ©s Ă se prononcer sur la mise en Ĺ“uvre de l’action publique et sur le suivi des dossiers et des dĂ©libĂ©rations.
Le « rendre compte » et le contrĂ´le citoyen participent incontestablement de cette quĂŞte permanente qu’imposent la conscience individuelle et la volontĂ© collective de consacrer plusieurs pouvoirs qui s’Ă©quilibrent mutuellement par le jeu des contre-pouvoirs afin que l’action publique demeure rĂ©solument tournĂ©e vers la satisfaction exclusive et totale de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral.




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