Projet de loi grenelle environnement
3 septembre 2008L’OUTRE-MER : UNE RICHESSE ENVIRONNEMENTALE
DE PREMIER ORDRE MAIS FRAGILE
L’Outre-mer contribue pour une part importante à la position privilégiée de la France sur la scène internationale au regard des enjeux environnementaux. La richesse de des terres ou de ses eaux permet à la France de siéger dans la quasi totalité des instances internationales de préservation de l’environnement et de porter son message. Cependant, cette richesse est fragile car plusieurs territoires ultramarins sont exposés à des risques naturels importants.
En effet, l’Outre-mer représente :
- 97 % de la superficie des eaux maritimes françaises ;
- plus de la moitié des espèces de cétacés et pinnipèdes (phoques, otaries, morses..) existants vit, se nourrit ou migre dans cet espace maritime ;
- 98% des vertébrés (380 espèces) et 96% des plantes vasculaires (3 450 espèces)
- 100 fois plus de poissons d’eau douce, 60 fois plus d’oiseaux, 26 fois plus de plantes et 3,5 fois plus de mollusques endémiques ;
- 14 des 17 éco-régions françaises sont des collectivités d’outre-mer ;
- l’un des 15 derniers grands massifs de forêt tropicale non encore fragmentés par les activités humaines avec la forêt guyanaise ;
- le second lagon du monde en Nouvelle Calédonie ;
En revanche, les territoires ultramarins doivent faire face à tous les risques naturels connus plus étendus dans leurs occurrences qu’en métropole : cyclones, éruptions volcaniques, séismes, tsunamis, crues torrentielles, inondations, glissements de terrain.
De plus, certains territoires comme la Polynésie française pourraient être rapidement concernés par les conséquences du réchauffement climatique, notamment la montée des eaux marines.
Enfin, on ne peut nier que ces territoires sont parfois très en retard en termes d’infrastructures concourrant à la protection de l’environnement, comme la gestion des déchets et l’assainissement des eaux. Ces problématiques sont d’autant plus aiguës à résoudre que le caractère insulaire de la majorité des outre-mers réduisent l’éventail des solutions possibles qui ne peuvent être mutualisées. Il en est de même pour la production d’énergie majoritairement axée sur les hydrocarbonés qui génère un double inconvénient : rejets de gaz à effets de serre et multiplication des risques de pollution marines lors du ravitaillement des archipels.
La protection de cette biodiversité nécessite impérativement une protection des milieux marins ou terrestres. Pour autant, on ne peut sanctuariser à l’extrême et rejeter toute idée de développement économique pour l’Outre-mer.
- Ce constat conduit naturellement à retenir trois orientations majeures de protection de l’environnement dans le cadre d’un développement durable :
- la prise en compte des risques naturels majeurs ;
- la protection de la biodiversité
- la réalisation d’infrastructures éco-durables ;
Pour ces orientations, l’Outre-mer possède de solides atouts dont l’existence de potentialités fortes dans le domaine des énergies ou des biotechnologies terrestres (végétaux) ou marines (algues, nodules) ou par leur situation géographique qui les prédisposent à devenir des laboratoires en grandeur réelle (bio-diversité, risques).
Ces potentialités se révèleront d’autant plus facilement qu’un accent particulier en matière de recherche sera consenti. Déjà , les premiers résultats, avec le dispositif des pôles de compétitivité, sont encourageants. Il permet en outre d’intégrer les outre-mer à cette dynamique de l’attractivité et de la compétitivité de la France, tout en dégageant des perspectives de développement de nouveaux secteurs économiques autre que marchands, adaptés à leurs besoins. A terme, l’Outre-mer peut et doit constituer sur des thématiques précises, la vitrine technologique de la France, proche des nouveaux bassins d’activité mondiaux (Chine, Inde, Brésil)




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