Henry Robert Hélénon surnommé Rio est décédé, vendredi à l’âge de 84 ans. Il était l’un des héros du film d’Euzhan Palcy, « Parcours de Dissidents ».
Il se disait honoré, que l’on rende enfin hommage aux Antillais qui s’étaient battus pour la France. Il s’était engagé à l’âge de 18 ans dans l’unique unité de combats des Antilles.
Lorsque le 18 juin 1940, le général De Gaulle lance son appel de Londres, il ne se doute pas que son écho résonnera jusqu’au tréfonds des recoins de la planète, et qu’il y sera capté par tous les hommes et femmes épris de liberté.
Je veux saluer ici le courage et la mémoire d’un dissident qui par des actes héroïques et exemplaires symbolisant la jeunesse de l’époque, dans le contexte de défaite de la France en juin 1940 face à l’Allemagne nazie, a su braver les dangers de la mer sur des gommiers au péril de sa vie, défier les autorités, risquer une arrestation, mettre sa vie en danger dans les combats, et surmonter d’atroces souffrances, tout cela sur la base de l’engagement volontaire.
Il voulait simplement se battre au nom d’un idéal, de convictions fortement ancrées et de principes qui font l’honneur de ces dissidents.
Après avoir tiré la France des serres de Hitler et du nazisme, comment comprendre que “60 ans après la Guerre, toujours pas de monument aux morts, ni même de plaque commémorative” ? Pourtant, nombre d’entre eux ont été tués, ou en sont rentrés mutilés. Comment comprendre que sur les 50 000 combattants des Forces Françaises Libres, les près de 2500 “dissidents” Martiniquais, c’est-à-dire des gens ne tolérant ni “le servage”, ni “l’esclavage”, soient “absents de l’histoire de France ” ?
Malheureusement face aux trous de mémoire, symptôme de l’amnésie de la nation, devant la demande de reconnaissance de l’action des dissidents et de la participation de ces hommes volontaires et à qui on n’avait rien demandé : pas de réponse.
Les soldats du Bataillon des Antilles N°1, parce qu’ils étaient complètement effacés de la carte, et dont la jeunesse d’aujourd’hui ne sait rien, méritent d’être rétablis dans l’estime de tous.
Pour sa part la ville de Fort de France a souhaité honorer l’action de ces hommes et perpétuer le souvenir de leur sacrifice. Un mémorial est prévu sur le futur front de mer dédié à la commémoration des hauts faits des dissidents.
« La reconnaissance des nôtres par nous-mêmes est certainement la plus belle des récompenses ».
Fort de France le 08 septembre 2008
