Congrès : attention démocratie en danger !
24 décembre 2008Le 18 décembre dernier s’est tenu à l’initiative du Président de la Région le Congrès des élus départementaux et régionaux.
Il s’agissait de sa première convocation depuis le 10 avril 2003.
Depuis cette date, l’initiative de réunir un congrès n’a jamais été prise, pas même après le référendum du 7 décembre 2003, ne serait ce que pour tirer les enseignements de cette consultation.
La réunion de la semaine dernière a mis en exergue un certain nombre de points à placer en parallèle avec la séance de 2003.
Il y a cinq ans, la qualité des travaux préparatoires, inscrits dans un calendrier exempt de précipitation avait permis l’émergence d’un consensus politique sur l’assemblée unique.
Est il nécessaire de rappeler l’impossibilité dans laquelle nous nous sommes trouvés d’obtenir, alors, un niveau d’adhésion suffisant pour faire adopter cette évolution malgré la forte aspiration au changement des martiniquais et une opinion objectivement prête à franchir le pas.
Cette fois ci, en un mois, Alfred Marie‐Jeanne a décidé de tenir un congrès et de faire passer en force un changement de statut avec la complicité du Président du Conseil Général.
En écoutant attentivement la déclaration du Président du Congrès, on a vite compris que tout était joué d’avance, et que le choix du régime législatif ne pouvait se circonscrire pour lui qu’à l’article 74 !
Tout à été construit pour faire de cette journée un simulacre de démocratie.
Nous avions pourtant pris le soin de préparer avec le Groupe des démocrates et progressistes une proposition d’ordre du jour, des motions pour nous permettre d’engager un vrai débat d’idées sur tous les points en discussions, pensions-nous !
Comment envisager demain un avenir démocratiquement satisfaisant quand un Président propose de faire examiner des motions après que les sujets dont elles traitent aient déjà été votés ? C’est ce qu’a fait le 18 décembre le Président du congrès ! Elles ont ainsi été évacuées sans être jamais débattues !
Le fait de fixer le cadre sans avoir défini le contenu en termes de compétences au‐delà de l’ineptie méthodologique relevait d’une stratégie même pas dissimulée : passer en force sur le 74 et tenter mettre en difficulté le PPM et son leader Serge Letchimy.
Pour notre groupe, la recherche du consensus passait par un point de départ qui n’était ni plus ni moins que celui résultant des travaux du dernier congrès ; à savoir une collectivité unique dotée d’une assemblée unique.
Cette approche avait le mérite de rechercher une plate‐forme commune qui permette d’engager le reste de la journée, en ayant la volonté de rassembler autour de quelques principes clés, laissant à des commissions de travail, le soin de progresser pour arriver à des propositions qui seraient mises en débat lors de notre prochaine séance.
La pierre d’achoppement résidait, et cela avait été identifié, dans le choix du mode de scrutin qualifié par un des congressistes comme capable de « faire exploser le consensus ».
Et bien vous l’avez vécu, Alfred Marie‐Jeanne a fait voter sa proposition par la coalition MIM RDM et une fois celle‐ci adoptée, a fait voter la nôtre, sur le scrutin mixte, qui a rallié des adeptes au‐delà de nos rangs. Que serait‐il advenu si les deux avaient été mises aux voix dans une bonne pratique démocratique ?
Que penser dès lors de l’exercice qui consiste à imposer un changement de statut dans l’urgence ?
Beaucoup de choses se sont passées en cinq ans dans le monde. Dans cette période aucune action concrète n’a été envisagée de façon concertée pour programmer la relance de cette question centrale à laquelle le PPM tient plus qu’aucun autre parti.
La problématique de la peur a été avancée pour rejeter la nécessaire la prudence dans laquelle nous avons suggéré d’avancer.
Il n’y a dans notre approche aucune peur ni aucune similitude avec l’éternel refrain de la droite ou de ce qu’il en reste aujourd’hui.
Le chantage au largage a fait long feu, ce que nous dénonçons c’est l’aventurisme de ceux qui sont aujourd’hui en responsabilité tant à la Région qu’au Département.
Qu’est ce qui serait subitement devenu urgent qui ne l’ait été durant les cinq dernières années ?
C’est pourtant sur cette thématique de l’urgence que les Présidents ont construit leur argumentaire.
Mais il ne s’agissait que d’une urgence politique ! Celle du calendrier de la commission Balladur chargée par le Président de la République de travailler sur une réforme institutionnelle à l’échelle française.
Le PPM ne se fourvoiera jamais dans l’impasse qui consisterait à attendre que l’on plaque sur notre pays une réforme qui ne serait pas pensée par nous mais nous n’accepterons pas d’avantage que l’on propose à notre peuple une réforme qui n’aurait pas été pensée à l’aune des enjeux rencontrés au quotidien par les martiniquais.
La fin de cette année 2008 est marquée par cette crise financière et économique majeure qui menace d’ébranler durablement la Martinique dont la fragilité économique aura du mal à résister à cette tourmente. Les premiers effets commencent d’ailleurs à se faire sentir.
Les défaillances d’entreprises sont de plus en plus nombreuses et affectent des symboles de notre économie que l’on pensait insubmersibles !
La crise du BTP est là, le marché de l’automobile est en recul de 30%, celui de l’équipement est touché dans les mêmes proportions. Les commerçants se plaignent d’une baisse sensible de l’activité généralement soutenue à l’approche des fêtes.
Il suffit de se rapprocher des conseils en entreprise pour savoir que des centaines de licenciements menacent avec leur cohorte de situations humaines que la collectivité à la responsabilité d’anticiper tant sous l’angle de la solidarité que celui du lien sociétal.
Il suffit d’être en contact avec le pays réel pour percevoir les manifestations d’incrédulité. Il faut être conscient des traces profondes que laissera ce spectacle du 18 décembre sur un peuple de plus en plus désabusé par ces hommes politiques.
Une telle démarche pour susciter l’adhésion doit être exemplaire car elle repose sur la confiance.
Le choix du moment, des motivations, de la manière et du cap participent de la naissance de cette confiance. La capacité à les exprimer clairement également.
Ce peut être une thématique, tel un changement de statut, qui rende une étape collective historique.
Ce peut être un moment, point de rencontre des énergies pour un changement.
Ce peut être un homme ou des hommes porteurs d’une vision de l’avenir.
Ce ne sera jamais une combine reposant sur une entorse à la démocratie.
D’ailleurs personne n’a vécu ce congrès dans cette dimension historique, c’est un signe !
Nous l’avons réaffirmé, il nous faut façonner cette autonomie dont nous sommes manifestement, ici, les seuls dépositaires.
Elle ne saurait être celle des Saint‐Martinois, des Polynésiens ou autres, que nous respectons, qui ont tous choisis le 74 mais dans des expressions différentes. Certes c’est cet article qui se rapproche le plus ce notre définition de l’autonomie mais il ne se superpose pas avec ce que nous voulons et ne la garantit donc pas sans ancrage constitutionnel de l’égalité tant dans sa dimension solidarité que dans son volet développement.
Il comporte en outre encore trop d’incertitudes par le conventionnement qu’aggrave l’incapacité de l’Etat à honorer dans la durée ses engagements, les exemples sont légion.
Le progrès par l’égalité constitutionnellement ancré, la démocratie et une large liberté d’initiatives, telle est l’empreinte de notre identité autonomiste pour ce XXIème siècle.
Daniel ROBIN Conseiller Régional Groupe des Démocrates et Progressistes au Congrès




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La démocratie n’est pas la démocratie si les porteurs de projets continuent à jouer le role du soldat qui meurt pour que l’oficier portent les galons!
La démocratie n’est pas la démocratie, tant que les maires continueront “de faire” pour le peuple et non “avec” le peuple!
La démocratie n’est pas la démocratie, tant que nos élus auront à l’esprit ” que les français parlent aux français et que le monde entier les écoutent!
Malgré les efforts, des élus ça et là pour faire avancer notre Martinique, nous n’aurons pas pour demain cette démocratie, parce nous ne voulons pas donner un sens au mot “partenariat” et lorsque certains maires le font c’est en “KATIMINI”, vous me comprendrez parce moi je vous propose depuis douze ans un projet que deux B.E. ont validés ” Démarche globale de qualité du nord” et “Charte signalétique de la Martinique.” à voir sur http://www.arbreavie.fr
Ma réaction fait suite à l’intervention de M Le Député sur l’antenne de ZOUKTV diffusée le mardi 30 décembre 2008….
Le Marketing peut être un outil très efficace et comme tout outil, son efficacité dépend de l’état d’esprit et des objectifs de celui qui l’utilise….Cela n’empêche nullement le respect de l’adversaire qui lui l’utilise à la sauce locale sans retenue aucune ! (Exemples «La Profitation », le « An Didan »….
Dites nous quelles sont les mesures prises pour expliquer les enjeux aux héritiers de Césaire afin qu’ils restent maître de leur discernement et ainsi empêcher la dilapidation de leur héritage, la destruction des symboles(lycée,aéroport…..) et la confiscation de l’avenir de leurs enfants tout cela au profit de “mulâtres qui veulent jouer aux békés sur le dos des nègres”pour reprendre une image de A Césaire(citation de Aimé Césaire dans un documentaire réalisé par Marie-José ALIE, dans lequel Messieurs Césaire et Aliker sont interviewés pendant une soirée électorale, assis dans leur salon et ironie du sort, passait au même moment la caravane du futur “chavez” ,alias candidat MJ, scandant ses joutes verbales comiques habituelles).
Si les réunionnais ont réussi à obtenir que dans la constitution française leur soient enlevé tout risque de perdre quelques acquis que ce soit, la Martinique dispose d’une pléthore d’experts enfantés ou adoptés capables d’ obtenir les mêmes résultats !…
Un peu moins d’affect et plus d’efficacité, un peu moins de grandes phrases “électoralistes” et plus de choses concrètes accessibles et visibles de tous. Ainsi les nôtres sauront sans peurs choisir entre le ventre ou le PETIT chèque et la Dignité si difficilement conquise et jamais définitivement acquise !
Les Martiniquais connaissent leurs classiques par conséquent on peut miser sur le sursaut populaire le moment venu mais pour cela il me semble qu’ils ont encore besoin de vous….. Vous donnez quelquefois le sentiment d’abandonner …
Vous avez pris la main qu’il vous avait, à l’époque, tendue…. Le combat ne fait que commencer….L’heure de Vous-même semble avoir sonné…je le crains….
L’invité un peu en colère…