Des propos qui s’épanchent ça et là sur le mouvement social qui frappe notre pays, j’ai le sentiment d’assister à la profusion d’un discours profondément anti patrons comme si cette race de martiniquais était subitement devenue, l’espace d’un conflit, les parias de notre société et qu’il fallait, crise oblige, la montrer du doigt.
Emprunter une telle voie me parait dangereuse à tous égard et faire le lit de l’extrême gauche qui identifie l’entreprise au suppôt du capitalisme quel qu’il soit.
J’ai la conviction qu’une société qui perd ou qui nie sa culture d’entreprise ou d’entreprendre est une société qui est voué à un assistanat larvé et dégradant, tout en partageant l’idée qu’il faut instaurer le dialogue social nécessaire aux relations humaines dans l’entreprise.
Ce mouvement du 5 février est qui né d’une noble et généreuse idée de sauvegarder le pouvoir d’achat, s’estompe dans une revendication salariale qui pouvait être réglé dans d’autres lieux et dans d’autres espaces. Est-ce qu’aujourd’hui ceux de la première heure se retrouvent-ils dans les mots d’ordre qui ont construit leur mouvement. Pour ma part j’en doute.De tous les mouvements, il ressort toujours celui qui l’initie (en l’occurrence le peuple martiniquais) et ceux qui le récupèrent et qui l’instrumentalisent.
Loin de cette fièvre ambiante, il serait temps que nous martiniquais, quel que pût être notre réflexion sur ce mouvement,que nous posons les bases d’une société moderne et plus juste pour que plus rien ne soit désormais comme avant.
Que nous fassions, sans concession, l’état des lieux de ce que nous a révélé ce mouvement et que nous repartions de l’avant, à la conquête de nous-mêmes.
Je ne suis pas sûr que le « statut » tel qu’il est engagé règlera TOUT, si nous ne nous posions pas les bonnes questions.
Sommes nous un peuple mûr ? Sommes nous prêts à prendre notre destin en main ? sommes nous en mesure de construire ce projet martiniquais qui puisse fédérer toutes les composantes de notre société ? et encore, et encore…

Kité souplé fondok tchè pè la palé, sa pa ayin, dan dé toi jou sa kay pacé é nou kay ritrouvé linité, pass pèp nou an, pa kouyon, nou sav sa nou lé tibrin pliss jondi jou, fok téni an kout tonè pou éclèci tan han!!