Conflit en martinique : Lettre au Premier ministre
7 mars 2009Monsieur le Premier Ministre,
Il me revient de vous demander de bien vouloir déposer un projet de loi, ou de prendre toute mesure équivalente, déclarant un moratoire sur les dettes d’exploitation supportées par les personnes morales dont le siège est sis en Martinique à la mesure de l’impossibilité absolue dans laquelle elles se trouvent de percevoir la moindre recette pour les payer. Nul doute d’ailleurs que pareille mesure devrait s’appliquer aux autres DOM immobilisés par la dénonciation par voie de grève du coût insupportable de la vie pour les plus démunis.
Les accords de sortie de crise signés ou en voie de l’être prévoient tous un accroissement des charges salariales supportées par les entreprises. Encore faut-il qu’elles ne fassent pas l’objet d’une procédure collective de redressement dans les heures qui viennent.
En effet, du fait de la période pendant laquelle la grève s’est déroulée, elles ont été privées des recettes propres à la haute saison, augmentées par celles liées aux festivités du Carnaval du fait du non déroulement de celui-ci. Le manque à gagner est donc considérable et rien ne permet en l’état de considérer que le chiffre d’affaire annuel pourra être amélioré dans des secteurs dont l’activité est majoritairement saisonnière.
Elle l’est particulièrement dans certains domaines directement frappés comme, notamment, l’hôtellerie, l’agriculture, ou encore la filière « canne – rhum ».
Pour celles-ci, il n’est même pas possible de le chiffrer puisque nul à cette heure ne peut dire quand les récoltes vont pouvoir commencer, des matériels appropriés se trouvant parfois bloqués dans des conteneurs sur le port. Or, les dettes d’exploitation de ces mêmes entreprises sont venues à échéance pendant la période de grève, et elles ont même, dans certains cas, été payées par prélèvement automatique. Aussi, mécaniquement, ces entreprises sont précipitées dans la «cessation des paiements » qui les expose à la procédure collective de redressement des entreprises en difficulté, avec le cortège des licenciements massifs qu’elle ne peut pas ne pas engendrer en l’état de la conjoncture locale. C’est dire qu’un nouveau drame se profile, plus violent que celui dont nous essayons de sortir ; il faut donc prévenir et éviter tout hiatus entre la date de l’échéance des dettes et l’absence des ressources à même de les payer. Ce sont des centaines de chômeurs qui vont s’ajouter à ceux que nous connaissons déjà .
Pour éviter cette catastrophe inéluctable, il est urgent d’annoncer et d’imposer par tous les canaux à disposition de la puissance publique, médiateur du crédit notamment, un moratoire sur toutes les dettes d’exploitation échues à partir du jour de déclenchement de la grève, variable selon les régions, et d’une durée suffisante pour permettre le retour à une activité normale une fois la grève effectivement terminée.
Certain de votre attachement au maintien de la paix sociale, il conviendrait que vous puissiez prendre cette mesure au plus vite ; à tout le moins, elle contribuera à l’apaisement des esprits et devrait accélérer la sortie de la crise.
Je vous prie de croire, monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma considération.




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les conséquences désatreuses de la grève étaient prévisibles dès le départ.
GOUVERNER C’EST PREVOIR!