RFI : Vous avez été en première ligne, vendredi dernier lors des violences qui ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre. Hier le calme était revenu, plusieurs milliers de personnes ont même pu manifester. Les négociations avaient même repris, alors que l’île est en grève depuis un mois maintenant. Est-ce que vous avez espoir que la situation se débloque rapidement ?
Serge Letchimy : J’ai bon espoir, parce que depuis un mois les travaux se déroulent avec des phases de dérapage de violence. Cependant vendredi dans la journée on était sur le point d’aboutir sur des dossiers extrêmement importants. D’ailleurs à 14h45 on a réussi à faire signer les deux parties, la grande distribution et le collectif, concernant la baisse des prix, puisque vous savez qu’une des revendications fortes était la diminution des prix de l’ordre de 20% pour les produits de première nécessité et sur l’ensemble des services téléphonie, électricité, eau, loyer etc. On avait aussi des accords extrêmement intéressants.
Les manifestations sont légitimes, y compris les contremanifestations, cependant, un moment extrêmement tendu et peut être deux ou trois jours avant la signature d’un document cadre permettant d’aboutir sur une phase essentielle des revendications, a provoqué des heurts qui se sont transformés pratiquement en émeute et il a fallu véritablement beaucoup de détermination de tous pour appeler au calme et obtenir que les choses se règlent vers 19h00. Très difficile !
RFI : Est-ce que vous pensez comme une partie de la population qu’il y a eu en faite une provocation de la part des patrons, de ces agriculteurs qui ont fait leur opération escargot ?
Serge Letchimy : Je ne peux pas faire une pareille provocation. Je pense qu’il ya eu un peu d’inconscience. Je condamne personnellement, par exemple les quelques cas de fermeture de magasins, il y a eu de là aussi de la violence, il y a quelques jours,oui je condamne ça aussi. Mais quand on est dans une situation économique aussi difficile où il y a effectivement, et c’est unanime, cette série d’inégalités qui s’exprime par le terme « profitation », avec un système d’exclusion qui cohabite avec un système de progrès matériel dans les mains de très peu, ça crée des frustrations très fortes. Savez vous qu’à La Martinique c’est quand même 25% de chômeurs et près d’un jeune sur deux de moins de 27 ans qui ne travaille pas. Face à cela on peut considérer que l’opération peut être interprétée comme une provocation, au delà même du droit qu’on doit reconnaître à chacun de manifester. C’était pour moi totalement inopportun de faire cette manifestation à ce moment.
RFI : Quand vous parlez de ceux qui possèdent en fait beaucoup est ce que vous pensez notamment aux « békés » ces descendants des colons blancs, comme Guadeloupe ?
Serge Letchimy : D’une manière générale, l’histoire fait qu’on a un réflexe de parler des békés. Il est vrai qu’il y a un réel problème de l’histoire de la relation entre les anciens colons et la population de manière générale. Mais il y a une organisation un fonctionnement, des concentrations, des monopoles, je pourrais même dire qu’il y a des oligopoles et je pense que cette réalité a été accentué par le film qui l’a bien montré . Mais je ne pense pas pour autant qu’il faille stigmatiser une partie de la population.
C’est un système et un modèle que j’appellerai un « système de comptoir », ancien modèle économique traditionnel, qui fait qu’on construit un petit peu la société en fonction des profits qu’on peut en tirer, de la consommation et du non du développement. C’est ça qu’il faut fustiger et aller au fond.
Alors on peut répondre pendant les jours qui viennent ponctuellement à des revendications de salaire, de prix ou de recherche d’égalité. Je sais qu’au fond il y a un vrai système contemporain qui est issu de mécanismes coloniaux dans lequel on trouve des békés, ainsi que d’autres personnes, qui profitent peut-être d’une organisation inégalitaire du développement. Je crois qu’aujourd’hui on peut parler non pas d’absence de démocratie, parce qu’on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de démocratie dans ce pays, mais aussi à mon avis un autre phénomène est né, et c’est l’absence de « la démocratie économique », à savoir la possibilité de partager les richesses inhérentes à ces pays-là.
RFI : Vous pensez comme le préfet Mancini, qu’il y a une situation dangereuse qui pourrait dégénérer ?
Serge Letchimy : Aujourd’hui moins, beaucoup moins. Mais cependant, oui si on ne réussit pas à canaliser un petit peu les ferveurs et à inscrire ses revendications, non pas dans l’immédiateté sociale, ça serait à mon avis un échec, s’il s’agit simplement d’obtenir 200 euros ou d’obtenir une baisse des prix, sera un échec. Il faudrait peut etre, à mon avis réussir à canaliser ces revendications et les transformer en une revendication de fond, qui pourrait conduire à une réforme à la fois de la gouvernance économique locale pour mieux mettre en scène notre capacité d’être autonome et deuxièmement qui permet de réécrire notre relation avec la France.
Qu’on le veuille ou non, c’est un département français avec des enjeux culturels, identitaires historiques et sociaux qui sont totalement différents. Cela nécessite que l’on puisse dans la relation avec la France se retirer du mécanisme de l’assistanat et combiner liberté et autonomie dans le respect de tous et dans la diversité.
Extrait de l’interview de serge Letchimy donnée à rfi


Gros Morne le 8 mars 2009,
Monsieur, le Député – Maire,
Maires de la Martinique,
La France voit son PIB diminuer, et n’entre plus dans les critères de l’ EU.
Elle verse des subventions aux DOM. Ainsi que l’ EU d’ailleurs….
Lors de leur élection, les Elus sont assermentés ! Cela veut dire ?
Promettre de servir son pays, faire respecter la loi.
Que font les Elus martiniquais ? Ils adhèrent à un mouvement de grève, au nom de la solidarité.
Pendant un mois, les mairies fermées, écoles closes, terrorisme à travers l’autorisation de barrages, Cela pour satisfaire une minorité de la population.
Pendant un mois paralysie totale.
Vous avez su montrer un bel exemple de service à votre pays.
Cette grève a eu pour conséquence, d’appauvrir davantage l’économie martiniquaise qui déjà est bien malade. Fermeture des entreprises, bananes à la décharge, tourisme moribond.
Bravo !!!
Mais c’est si facile, la France va payer encore une fois votre irresponsabilité.
Votre solidarité ne serait-elle pas mieux placée à encourager les créateurs d’entreprises
qui travaillent plutôt que les détruire et encourager leur anéantissement?
Les éléments naturels typhons, séismes ne sont-ils pas suffisants ?
Je ne suis pas française, je vis en Martinique, je regrette fortement cette mentalité d’assistés que vous êtes. Combien de temps encore la France acceptera-elle de vous soutenir dans votre politique ?
Durant des années, vous avez fait preuve de laxisme en laissant augmenter des produits de 1ère nécessités.
Il y avait d’autres moyens pour faire plier les propriétaires de la grande distribution. Béké ou pas….
Exemples :
• créer une commission active et efficace, au contrôle des prix, en comparant régulièrement un panier de la ménagère ainsi que les autres services Banques, Assurances , etc…entre la Métropole et les Dom, cela aurait permis de dénoncer et corriger les abus.
• Un contrôle sur les salaires. (Dans mon pays, l’augmentation des salaires se fait au 1er janvier de chaque nouvelle année, à l’indice de l’augmentation du coût de la vie). Cela dans le cadre de conventions collectives propre à chaque secteur de l’économie.
Vu, l’importance que vous avez donnée aux grévistes, il y aura certainement récidive de grève.
Accorderez-vous votre soutien au sauvetage de l’économie ou à son anéantissement ?
Les manifestants grévistes sont martiniquais et français. Selon la loi française, la scolarité est obligatoire. Comment se-fait-il, que les partisans interrogés par les journalistes, ne parlent pas français. (ne savent pas s’exprimer en français). Est-ce volontairement ? iIs refusent de parler français, par contre ils acceptent les allocations diverses, venant de France. La profitaison est de quel coté ? patrons ou assistés ?
Sans pour cela perdre leur identité, la première éducation pour ces gens là, leur apprendre le discernement. ( pourquoi, blancs et patrons tous dans le même panier ?).
En consultant « Business News » janvier-février 2009, je vois que sur 45 acteurs de l’économie en Martinique, plus de la moitié sont des personnes de couleur. La parité existe.
Je constate qu’’une grande partie de la jeunesse partie faire des études supérieures en Métropole,
y reste pour y faire carrière, les débouchés en Martinique, étant inexistants. L’implantation d’entreprises de fabrication de produits liés à l’énergie solaire, et éoliennes, serait une piste de création de places de travail. Cela permettrait d’éviter d’importer ces produits finis.
Chers Elus, je vous souhaite beaucoup d’énergie et de sagesse, afin de reprendre en main votre belle île qu’est la Martinique.
En espérant que ces quelques lignes vont attirer votre attention, je vous prie de recevoir, Monsieur le Député Maire, mes respectueuses salutations.
Solange Fessler
Je salue le courage et l’honnêteté de Monsieur Letchimy pour avoir accepté de publier votre commentaire que je trouve personnellement injurieux et construit avec un tissu d’ignorance. Merci Monsieur Letchimy de nous faire découvrir la diversité du peuple de Martinique. Merci madame de votre commentaire qui nous ouvre les yeux sur l’immensité du travail culturel à accomplir. Merci Aimé Césaire de nous avoir enseigné que la culture était un élément déterminant dans tout développement de société. Merci peuple de Martinique d’accueillir sur tes terres cette diversité.
Bravo M.le Maire, vous forcez l’admiration. Nous n’oublierons pas votre abnégation et votre sens des responsabilités. Merci ;merci mille fois.
MERCI Au député maire de fort de france
je suis une militante et je ne mets pas en doute tes compétences ,car je sais et connais le courage et le devouement que tu offres à la ville ,
les critiques tu n’as que faire .
Continue à étre l’exemple, quoi que l’on puisse dire la jeunesse martiniquaise symbole de l’avenir te fait confiance .
BRAVO !!! pour ce maintient de l’ordre , c’est l’important
Monsieur Le Maire de Fort de France,
Messieurs les maires qui ont soutenu la grève:
Tu dis que tu aimes la pluie, et tu fermes la fenêtre.
Tu dis que tu aimes les fleurs,et tu leurs coupes la queue.
Tu dis que tu aimes les poissons,et tu les pêches et tu les manges.
Alors quand tu dis que tu m’aimes,j’ai un peu peur. (J.Prévert)
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Alors quand vous, les maires, vous dîtes que vous travaillez pour le peuple, que vous aimez le peuple, que vous défendez le peuple, j’ai un peu peur …
Dès le début vous avez soutenu la grève et ses méthodes dictatoriales (privation souvent sous la violence, de la liberté de circuler, de travailler, d’aller à l’école…etc),
Après plusieurs semaines de grève, pourtant témoins des graves difficultés dans certains secteurs notamment chez les plus petits, exploitants de la banane, travailleurs indépendants,TPE etc…vous avez persévéré dans le même sens, demandant de ne pas rouvrir les mairies, les écoles, jouant la prolongation de la grève, avec les mêmes méthodes, coûte que coûte, participant donc à un véritable saccage de ce qui constituent les forces vives de l’économie martiniquaise, totalement négligées par les syndicalistes protégés de la perte de leur emploi par leur statut de fonctionnaires..
Il était tout à fait possible de prendre une attitude plus neutre et plus responsable, respectant le droit de grève de ceux qui le souhaitez et respectant la liberté de travailler de ceux qui le souhaitez, donnant ainsi l’exemple pour une reprise de la vie et de l’économie, dans le cadre de la DEMOCRATIE !!!
Après avoir aidé les pyromanes, il vous faut jouer aux pompiers, en vous interposant dans les émeutes et aussi, en écrivant à Monsieur Fillon, pour demander encore une forme d’aide et donc d’assistanat en quelque sorte… un comble pour certains qui se veulent pour l’autonomie !!
Alors quand vous dîtes que vous travaillez pour le peuple… j’ai un peu peur, j’ai même très peur.
Avec ma profonde déception…
Dom Lafarge
Ce n’est pas avec cette arrogance de donneur de leçons que nous pourrons faire avancer la Martinique. Votre commentaire n’est qu’accusateur et verse dans le yosétépé, yakafokon, siyotéfè, bien connu de ceux qui n’ont rien à proposer. Pour ma part je soutiens sans réserve les positions qu’ont prises le maire de fort de france.