Serge Letchimy à la rencontre du monde agricole

smallC’est un euphémisme que de dire que l’économie mondiale se porte mal. La crise est passée par là. Tous les secteurs sont touchés de plein fouet ; l’agriculture n’est pas en reste. Il ne se passe pas de jour sans que des informations des plus alarmistes ne défrayent la chronique du monde agricole, qu’il s’agisse du remboursement d’une somme de 500 millions d’euros indûment versés aux agriculteurs français ou encore des péripéties qui traversent tous les secteurs de l’agriculture.

En Martinique, la profession doit faire face à de nombreux problèmes qui, s’ils ne sont pas l’objet de traitements spécifiques, peuvent très rapidement déboucher sur la disparition d’un large pan de l’économie locale. Pour prendre le pouls de la profession et appréhender toutes ses problématiques, le député-maire de Fort-de-France Serge LETCHIMY s’est « immergé » dans la dure réalité du monde agricole accompagné de collaborateurs et des représentants de premier plan de l’agriculture.
Il y a deux mois, à l’initiative de Daniel DISER, président de Banalliance, à Saint-Joseph il rencontrait les petits planteurs de banane qui lui exposaient leurs difficultés.

Le 25 juillet 2009,

C’est Daniel BERTOME président de la Chambre d’Agriculture José MAURICE, 1er vice-président, et quelques exploitants qui le guidaient dans les méandres de leur activité. Visite à « Coulée d’Or » au Vauclin, à l’exploitation de Félix EMERENCIENNE. Levé à 3h30, sa journée se termine souvent à 20h. Ce jeune agriculteur, sur une exploitation de 14 ha, lutte désespérément depuis « Dean ». Sa production de lait a chuté de moitié, son élevage de lapins a disparu avec la dislocation d ses infrastructures. Aujourd’hui il s’oriente courageusement vers une diversification de son activité en faisant de la tomate, du concombre, de la pastèque. Son unique employé payé, il ne peut prétendre à un salaire. L’aide forfaitaire n’arrive pas à équilibrer son budget. Celle qu’il pouvait espérer après « Dean », se situant en fin de DOCUP (DOCument Unique de Programmation, européen) 2000-2007 et avant la mise en place du nouveau, n’a pu être activée.

Direction Saint-Esprit, à « Grande Case » sur la bananeraie de Gilbert RAMANICK (18 ha, 18 employés). Une installation en forte irrigation pour une fertilisation mécanique des plants. Puis « Chopotte » au François à la rencontre de René AMAURY, technicien de la Chambre d’Agriculture : recherche-expérimentation sur l’igname et la tomate ; 40 variétés d’ignames, 10 de bananes, de maniocs amers, de patates douces, de tolomans, de choux caraïbes, de plantes médicinales.

MERCREDI 5 AOUT :

25-smallAbattoir de poulets « poulets bô kay » au François ; un investissement de 5 millions d’euros, un outil moderne, une production organisée ; 37 éleveurs, une interprofession dynamique. Au Robert, une usine de conditionnement de la viande de porc, « Sakim’ », encore un outil moderne qui emploie 10 ouvriers. Au Marigot, une bananeraie, la SARL « Vallée » : 60 ha, 35 ouvriers ; Norme « Globalcap » stricte. Au Lorrain, SARL « La fermette », élevage hors sol. Batteries de 8.500 poulets ; production de porcs, élevage de bovins et d’ovins, diversification. A Basse-Pointe, coopérative « Alliance Martinique » à Leiritz ; 200 tonnes d’ananas produites sur 9 ha.

Recherche appliquée, diversification des cultures, respect de la réglementation pour une meilleure traçabilité dans la banane, difficultés d’écoulement de la production, impossibilité d’instaurer des marges convenables avec la grande distribution… autant de problèmes qui assaillent les agriculteurs. Malgré les aides accordées, leur situation reste précaire. Ce qui fait dire à Daniel BERTOME : « Pour développer l’agriculture, il importe que toute la problématique soit abordée et que nos élus s’inspirent de nos recherches et de nos études. Je remercie le député-maire Serge LETCHIMY de travailler avec la profession et de l’accompagner en toutes circonstances. Nous sommes engagés dans la restructuration de tout notre système agricole et à cet égard, nous avons besoin d’un accompagnement politique. La banane est le principal employeur du secteur privé avec 6 à 7.000 emplois ; la filière est en danger. Avec la prochaine révision du POSEI, si les subventions sont diminuées la profession disparaîtra ! »

Pour Daniel DISER (Banalliance) : « En 1993, il y avait 1.000 producteurs de banane ; aujourd’hui, il en reste 500 dont 420 martiniquais. Ceux qui ont disparu, ce sont les petits producteurs ; les gros se sont renforcés ! ». Pour José MAURICE (Chambre d’Agriculture) « d’une manière générale, il y a un problème de marché, d’écoulement de la production, un problème de revenus, de coût des produits. Les charges ont énormément augmenté. Dans un marché limité avec des intrants coûteux, nous devons nous battre contre l’importation de nombreux produits concurrentiels ! »

Accompagner les agriculteurs, les assister, les conseiller si besoin, trouver des dispositifs pour anticiper l’aide globale, favoriser le dialogue entre les producteurs et la grande distribution pour fixer des marges décentes, assurer l’écoulement de la production… Serge LETCHIMY a bien compris ce que les agriculteurs attendent de lui. Et comme ils le disent en chœur : « C’est bien la première fois qu’un élu nous visite et nous écoute ».

Serge SOUFFLEUR

2 réflexions au sujet de « Serge Letchimy à la rencontre du monde agricole »

  1. Bien sur tout cela est bien mais pour cet urbaniste pour qui j’ai le plus grand respect, il n’a jamais répondu à mes nombreux courriers concernant le “RLP” pourtant ce document “opposable aux tiers” me donne le droit justement de m’y opposer, mais je préfère travailler en consultation, je suis au “milieu” de cette circulaire de 2001 sur les RLP avec madame Dominique VOYNET, donc je métrise cette affaire et je propose mes services aux maires 5 ont signés et je suis leur consultant pour l’élaboration de ce dispositif, dommage que notre urbaniste pourtant bien-aimé ne répond toujours pas à ma proposition de l’accompagner pour la révision de son RLP…qui n’est pas bon!!! cordialement!,

  2. les producteurs de bananes ont des problèmes je n’en doute pas j’ai pu
    constater à carrefour une pratique qui m’a troublé des boîtes en carton sur
    lesquelles étaient inscrit “bananes Martinique” et sur le panneau au dessus
    “bananes Amérique”??? une autre fois sur le marchédes boîtes toujours avec l’inscription bananes Martinique mais avec des bananes de Côte
    d’Ivoire réponse du marchand bananes trop chéres AUTRE CHOSE beaucoup de producteurs suivent leurs produits et s’assurent du sérieux des fournisseurs.
    Cherchent à étendre leur marché et font parfois des gestes commerciaux réduction, promotion…(Je sais pas pourquoi les bananes de Martinique sentent mauvais est ce le produit pour les conserver? je ne veux surtout pas vous froisser. J’ai été déçu par le poulet Bô kay avant c’était une race de poulet bien
    ferme maintenant c’est le poulet classe A que l’on élève en plein air qui est aussi blême que celui de métropole et bourré de graisse et au même prix merci !Que m’apporte de manger local des produits plein d’engrais pas nutitifs mais un produit de qualité à un prix abordable sur un marché de produits de piètre qualité fera toujours la différence. Je n’ai pas été étonnée de voir les gens acheter la viande qui vient de France moins chère et pourtant pas produite sur
    place alors?

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