La crise en Martinique: L’initiative de Serge Letchimy
29 août 2009
Serge Letchimy a rompu le silence de la classe politique, en invitant les chefs d’entreprises Ă une sĂ©ance de travail vendredi 28 Aout de 15h30 au 6eme Ă©tage de la Mairie. Plus d’une centaine de chef d’entreprise ont rĂ©pondu Ă l’invitation, dĂ©montrant ainsi leur inquiĂ©tude mais aussi l’espoir qu’ils placent dans cette initiative. Le dĂ©putĂ© maire n’a pas souhaitĂ© la prĂ©sence de la presse Ă cette rĂ©union.
Tous les indicateurs sont au rouge depuis le passage du cyclone DEAN. Le séisme du 29 novembre 2008 a accentué les difficultés, et la crise sociale du 5 février a été le coup fatal. L’économie de la Martinique est exsangue, avec toutes les conséquences sociales d’une telle situation.
MalgrĂ© tous ces signes avant coureurs d’une « situation insurrectionnelle », une chappe de plomb pèse sur la classe politique Martiniquaise. La solution serait pour certains dans le venue d’Ă©nergies extĂ©rieures Ă la Martinique porteuses de solutions magiques, et pour d’autres le basculement dans l’article 74 aux vertus miraculeuses.
Aye kwè sa.
Point de plan de relance en vue, ni de perspectives, pas de prise en considération des messages du monde économique, rien de durable n’est fait, si ce n’est que de la distribution directe d’aides sociales et de subventions par-ci et par là .
Sommes nous entrain de subir cette stratégie du « mythe du sauveur » qui consiste à laisser grossir le nombre des personnes plongées dans l’immédiateté par leur souffrance, mettre le feu, pour mieux se présenter après en pompier ?
Ces pratiques d’un autre temps sont autant condamnables que ceux qui en profitent et se font complices d’un tel crime. Parce qu’il s’agit bien de crime quand on foule aux pieds les règles Ă©lĂ©mentaires de la dĂ©mocratie et du respect de la dignitĂ© humaine en voulant faire que les droits deviennent des faveurs et de l’aumĂ´ne.
Cela ne peut plus durer !
Sans s’attarder sur les constats, qui font déjà l’unanimité, Serge Letchimy a dressé le tableau économique et social de la Martinique qui se résume en une phrase : « c’est une catastrophe économique et sociale qui se prépare ». L’ensemble des présents a partagé ce point de vue, certains se demandant même comment ils allaient terminer l’année 2009.
Un acteur du tourisme très touché par la crise ne comprenait pas que ce secteur en Martinique soit considéré par les banques comme un secteur à risque. C’est un comble !
Tous les secteurs ont été abordé avec plusieurs propositions urgentes au nombre desquels ont peut noter :
- L’attribution en priorité aux entreprises locales des marchés privés et publics locaux
- L’intervention urgente de l’Etat pour compléter le plan de financement les opérations de logements sociaux bloquées suite aux difficultés du Département
- Le hub de Roissy
- Un plan de sauvegarde de l’activitĂ© hĂ´telière
- La baisse du cout du billet d’avion
- Un plan de développement touristique d’intérêt national pour St Pierre
- Le soutien de la diversification des productions agricoles maraichères pour le marché local
- Le financement de la reconstitution des stocks (tarissement du crédit fournisseur pour cause risque pays)
- Mise en place de structures de « conseil-accompagnement » des TPE (très petites entreprises)
- Constitution d’un fond pour financer l’immobilier d’entreprise pour les TPE
- Développer le micro crédit (notamment agriculture artisanale)
- Mettre en œuvre les dispositions du plan corail (prêt à taux zéro)
- Le financement par le système « partenariat public, privĂ© », de l’immobilier d’entreprise pour les jeunes qui souhaitent s’installer dans les petits mĂ©tiers (cordonnier, coiffeur, rĂ©parateur de tĂ©lĂ©phone, couture, bijoux fantaisie, production artistique artisanale locale…)
- Faire du port de Fort de France un port d’Ă©clatement
- Un plan d’investissement de remise Ă niveau des rĂ©seaux d’assainissement
- Un suivi plus sérieux de l’instruction des dossiers de défiscalisation
- Création d’un système de garantie publique des emprunts pour l’investissement touristique
- Autoriser des écrans de publicité locale sur des créneaux de décrochage au cours des programmes des chaînes nationales (satellite)
- Créer une mobilisation significative autour de la médiation du crédit
- Lancer un emprunt obligataire
- CrĂ©er la sĂ©rĂ©nitĂ© pour la confiance (grèves pas d’incertitude institutionnelle etc.)
Après deux heures de fructueux débats, le Député maire serge Letchimy a fait l’unanimité en proposant qu’un « comité pour la relance économique » se constitue avec les représentants de tous les acteurs sociaux. Le secrétariat étant assuré par la chambre de commerce. Serge Letchimy s’est dit disposé à participer avec le comité, à toute initiative ou tout rendez vous avec tout responsable ou institution. Il s’est déclaré prêt à défendre et rapporter au plus haut niveau les projets du comité.
Un groupe de travail se rĂ©unira le mardi 1er septembre Ă 17h Ă la CCIM pour dĂ©signer un ” porte parole” du comitĂ© et se distribuera le travail d’Ă©laboration de la plateforme chiffrĂ©e, immĂ©diatement opĂ©rante.
Une nouvelle plénière se tiendra le 15 sept à 9h à la CCIM pour la présentation des dix actions prioritaires.







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Il faut saluer cette initiative, personnellement je crois qu’Ă force d”acheter et encore acheter toutes sorte de choses dont on n’a pas besoin, il faut qu’on invente des choses dont on pourrait avoir besoin . Il faut donc encourager et accompagner les porteurs de projets, les chercheurs, les inventeurs.Il faut donc crĂ©er! Personnellement, je porte en ce moment un projet que je crois Ă©norme avec un brevet en cours, il faut qu’il trouve un accueil favorable auprès des dĂ©cideurs martiniquais, parce que sans la “prĂ©fĂ©rence nationale” sans la commande publique, aucun pays ne peut prĂ©tendre se dĂ©velopper.J’invite d’ors et dĂ©jĂ “les groupes” Ă se prĂ©parer pour investir “made in Martinique”, Ă bientĂ´t!!!
Le Pari de la Responsabilité.
Sans savoir que cette réunion se tenait, je pense avoir en partie une réponse à mon coup de gueule. Face à l’agitation médiatique des citadelles administratives (conseil général et conseil régional), il n’est rien de plus facile à décider et rien de plus difficile à réussir. Mais la route est encore longue. Cette rencontre dénote aussi que les chefs d’entreprises ne jouent pas sur ce chantier comme des enfants sur la plage où chacun construit son château de sable éphémère. Ou fè nouye missié li Mè ou pa di nou ayen ! Mais ce n’est pas l’annonce qui compte, c’est le résultat qui est important. Nul doute, de fait, que la commission qui verra le jour nous évitera les fâcheuses déceptions. Plutôt que de parler d’un « camp » à l’autre et marquer nos différences, nous pouvons dans ce pays rechercher nos dénominateurs communs. Et c’est la responsabilité qui permet de surmonter les antagonismes traditionnels.
En espérant que ce « patriotisme économique » ne sera pas un simple slogan. Il exige autant d’intelligence que de réalisme. En navigation il ne suffit pas de viser un objectif pour l’atteindre. Il faut trouver la bonne route en composant avec les vents, les courants, les caprices de la météo, les tempêtes et dépressions pour ne pas se fracasser sur les récifs.
Non au concours d’illusions et à la comédie des pseudos valeurs. Plis Fos.
En somme, s’adapter sans se renier, sans jeter, aux orties nos acquis, sans laisser les plus faibles sur le bas cĂ´tĂ© et sans en vouloir aux possĂ©dants de possĂ©der…Agir, après rĂ©flexion , après avoir clarifier les valeurs auxquelles on croit et sur lequelles nous souhaitons que les hommes et femmes de ce pays s’Ă©lèvent, se contruisent , dĂ©velopper cette petite terre martinique.
Je ne suis pas un proche du PPM, mais je ne peux que saluer l’initiative de Serge LETCHIMY et constater que le nouveau clivage politique Ă la Martinique sĂ©pare les vrais responsables des populistes incompĂ©tents. Avec leur 74, ils ne veulent pas aussi prendre la compĂ©tence santĂ© pour que nous nous retrouvions comme la Nouvelle CalĂ©donie ou la PolynĂ©sie Ă la première Ă©pidĂ©mie? VoilĂ oĂą nous en sommes après 11 ans de dĂ©senkayage! Bravo M. LETCHIMY et ne vous arrĂŞtez pas en chemin!
Le pire c’est l’absence d’avenir
Tracer des perspectives d’avenir, pour compenser l’absence de projet des partisans intégristes de l’article 74, est un premier pas. La liste des secteurs en panne de développement ne cesse de se développer. Des pans entiers de l’économie sont bridés. On n’a pas forcément besoin d’être progressiste, il suffit de regarder la réalité. Que font ces citadelles (région conseil général) ? Elles sont devenues des guichets qui distribuent des aides à l’infini et surtout en période électorale. Bon nombre de maires et malheureusement des petites entreprises se transforment en chasseur de subventions. De fait toute une politique qui consiste à distribuer l’argent public, sans être en mesure de faire des évaluations à postériori, se met en route. « Tu votes pour moi et tu auras ta subvention »… Leur statut est un filet.