La gabegie du conseil régional
16 septembre 2009Gaspillage et incompétence à l’œuvre au conseil régional
ou comment jeter par la fenêtre 2 millions d’euros de fonds publics
Au moment ou tant de salariés perdent leur emploi du fait de la liquidation judiciaire de leur entreprise, se retrouvant, du jour au lendemain, sans activité professionnelle avec pour tout horizon celui de pointer au pôle emploi, il est intéressant de savoir comment s’est déroulé la liquidation du CFA-BTP suivi de sa reprise par l’AMEP, l’ensemble étant organisé par le conseil régional.
Quand en juillet 2008, l’association qui gérait cet établissement a été placée en liquidation judiciaire, bien peu de gens savait qu’il s’agissait de l’épilogue d’une affaire menée de A à Z par le président de la région, à qui l’association avait eu le tord de déplaire. Première manœuvre : entre 2005 et 2008, les subventions accordées à cet organisme ont été réduites de 41% alors que, dans le même temps, le nombre d’apprentis augmentait de 82% : l’asphyxie financière était, dans ces conditions, inévitable. Pourtant à son budget primitif 2008, la Région inscrivait une recette de taxe d’apprentissage de plus de 17 millions d’euros ! Ce n’était donc pas faute de moyen que le CFA-BTP a été étranglé mais bien de manière délibérée.
Mais Ă quoi donc a servi cet argent ?
Parallèlement, le président de la région, par délibération datée du 7 mai 2008 préparait la venue d’un repreneur, l’AMEP, organisme de formation où travaillent ses rejetons et dont la direction bénéficie des faveurs régionales, tout en se gardant bien d’informer l’administrateur judiciaire et le président du TGI de Fort-de-France devant prononcer la liquidation.
Le but de cette seconde manœuvre réalisée « en douce » était simple : offrir à l’AMEP un établissement débarrassé de ses salariés et de toutes dettes, notamment celles dues à la CGSS ! Pour y parvenir, il fallait laisser prononcer la liquidation ce qui fut fait ! Si les dettes sociales se sont envolées, les salariés ne se sont pas laissé faire et ont exigé que l’AMEP reprenne à son compte les contrats de travail conformément à la loi.
La surprise du couple Région/AMEP a été de taille mais plutôt que de remettre les choses à l’endroit, c’est-à -dire dans la légalité, de reprendre tous les contrats de travail, d’organiser l’activité du centre pour que le maximum de salariés retrouve du travail, c’est la politique de l’autruche qui a prévalu. Il a fallut que des blocages soient organisés en mars-avril 2009 pour que la direction de l’AMEP et la Région entendent raison. Depuis, les masques sont tombés : alors que l’association liquidée n’avait obtenu du conseil régional que 1,5 millions d’euros pour 750 apprentis en 2008, soit 2 000 euros par an et par apprenti, la même collectivité allouait, en 2009, plus de 2 millions d’euros à l’AMEP pour 450 apprentis c’est-à -dire près de 4 500€ par an et par apprenti.
C’est honteux ! Vous avez dit favoritisme et clientélisme ?
Le résultat de cette farce tragique est le suivant : près de 2 millions d’euros ont été dépensés, non pas pour permettre à des pères et mères de famille de conserver leur emploi ce qui était parfaitement possible, mais pour organiser le licenciement non justifié d’ailleurs, d’une vingtaine de salariés. En effet, en intégrant les indemnités de licenciement, les congés payés dus, les salaires non versés à des salariés sans activité mais non licenciés et les allocations chômage, chacun aura touché plus de 14 mois de rémunération, pour une ancienneté maximale de 4 ans et demi dans l’entreprise. Et ce n’est pas fini puisqu’une audience en référé devant le Tribunal des Prud’hommes doit avoir lieu le 17 septembre prochain. Voilà un exemple type de la prétendue « bonne gestion » des deniers publics à laquelle aboutit l’incurie de l’équipe aux commandes du conseil régional !
Pourquoi les 37 salariés de l’hôtel Caritan qui ont perdu leur emploi sans que la présidente du Comité Martiniquais du Tourisme et ses commanditaires régionaux, sans doute en vacances, n’y trouvent rien à redire, pourquoi ceux de l’hôtel Leyritz, ceux du Calenda et tous les autres qui pointent au Pôle Emploi, ne réclameraient-ils pas que le conseil régional leur applique le même traitement ? 14 mois de salaires en cas de licenciement !!!!!
Un ami me disait récemment à propos de l’évolution institutionnelle : « Pa ba menen kanmion moun ki pa sa kondui loto » ! Cet adage s’applique parfaitement à ceux qui ont les rênes de la région jusqu’en 2010. Ils le savent si bien qu’ils veulent supprimer cette consultation !!!
Karl PAOLO




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