La pĂŞche et le secteur aquacole de Martinique: Serge Letchimy intervient
9 octobre 2009
Monsieur le Premier Ministre,
La pollution à la chlordécone après avoir contaminé nos sols semble, par ruissellement, menacer nos ressources aquatiques. Après les derniers prélèvements effectués et afin de prévenir les effets sur la santé, deux arrêtés préfectoraux conduisant à l’interdiction partielle de la pêche, pour une durée d’un an, sur notre territoire ont été publiés.
Cette situation a bien entendu des conséquences catastrophiques sur le secteur de la pêche, sur l’activité des exploitants aquacoles et aura probablement aussi des retombées sur l’activité touristique déjà fragilisée.
Les pesticides représentent déjà une catastrophe sanitaire et environnementale sans précédent. Aujourd’hui nous devons répondre de manière rapide et efficace aux urgences sociales et économiques, qui en découlent.
Dans l’immédiat, il serait souhaitable, que les mesures d’indemnisation prévues dans le « plan chlordécone » pour les agriculteurs, puissent être étendues au milieu de la pêche et aux exploitants de fermes aquacoles.
A moyen terme et conformément aux préconisations du rapport (Assemblée nationale n° 1778) de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, il sera nécessaire d’accentuer les actions menées en direction des milieux marins :
- d’une part, en transposant pour les pĂŞcheurs-consommateurs et les adeptes des circuits courts, le programme JAFA actuellement appliquĂ© aux jardins familiaux.
- d’autre part, en accĂ©lĂ©rant la mise en place des diffĂ©rents programmes prĂ©vus par le plan ChlordĂ©cone pour l’étude et la sauvegarde des milieux marins et de la ressource eau.
Enfin, de manière Ă garantir la pĂ©rennitĂ© d’une activitĂ© Ă©conomique qui participe Ă l’autosuffisance alimentaire du pays et qui reprĂ©sente des milliers d’emplois, un programme d’accompagnement sur le plus long terme s’avère indispensable. Ce programme devrait reposer sur des expĂ©rimentations d’élevage sans contact avec les sols, sur l’Ă©tude des possibilitĂ©s de reconversion ou de dĂ©localisation et sur l’ambition de faire de nos Ă®les des pĂ´les essentiels de recherche sur la remĂ©diation.
Je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en ma sincère considération,
Serge Letchimy




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Effectivement, c’est un rĂ©el problème de santĂ© publique ! dont on ne mesure pas vraiment les consĂ©quences dans les dĂ©cĂ©nies Ă venir - Tout ceci est dĂ» Ă la rentabilitĂ© Ă tout prix, et Ă la conception mercantile Ă tout va des planteurs au dĂ©triment de l’humain - Et bien entendu, comme d’habitude avec la complicitĂ© et la bienveillance des gouvernements de l’Ă©poque car ce pesticide Ă©tait interdit aux Ă©tats-unis depuis… 1975 -
Un vrai scandale et une vraie honte pour un Ă©tat qui se targue partout dans le monde d’ĂŞtre le berceau des droits de l’homme et du citoyen !