La langue créole: initiatives de Serge Letchimy
28 octobre 2009le 22 mai 2008 l’assemblée nationale vote un amendement qui stipule qu’en France « les langues régionales appartiennent à son patrimoine ». Cette étape importante fait suite à un long débat sur la place et le rôle des langues et des cultures régionales en Europe et singulièrement en France.
La très grande majorité des députés qui se sont exprimés ont regretté que la France accuse un retard gigantesque comparée aux autres États de l’Union européenne dans la défense de la diversité linguistique et culturelle. En effet la France n’a pas ratifié la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires, mis en signature le 05 novembre 1992, même si elle en retient le 07 mai 1999 trente neuf engagements.
Cet amendement du 22 mai 2008 semble lever un des obstacles majeurs exposés dans la décision du conseil constitutionnel du 15 juin 1999, à savoir la modification préalable de la constitution. En ce sens, le travail continue en vue de l’examen de cet amendement par le Sénat et en deuxième lecture du texte par l’Assemblée nationale.
Il reste l’essentiel, la ratification de la charte qui pourrait permettre de donner une vraie place à la langue créole, et dans cette perspective, favoriser son audience sur les ondes et les fréquences, et mieux l’intégrer dans l’éducation et les programmes scolaires.
Il s’agit d’une exigence pour répondre aux enjeux de la pluralité linguistique et à la diversité culturelle afin que la France accède enfin à la modernité, s’ouvre à la complexité, à la diversité du monde contemporain, et reconnaisse qu’elle est constituée de « pays ».
Les vicissitudes de l’histoire font que notre langue créole soit intégrée à ce qu’il est convenu d’appeler les « langues régionales ». C’est certainement une perception qui relève d’une centralisation poussiéreuse, et qui, surtout, méconnaît l’idée que, dans le monde actuel, une grande nation est composée de « pays », c’est-à -dire d’espaces culturels et linguistiques variés dont la vitalité et la présence positivées dans le concert des cultures et des langues du monde, est ce qui constitue sa vitalité globale la plus essentielle, tant sociale, que culturelle, et finalement économique, les fondements de l’émancipation de l’Homme.
A cette vision conservatrice nous opposons que la France est un pays de diversité historique, culturelle et linguistique, et d’entités singulières qui lui viennent de son histoire, dont la plénitude et la valorisation par toutes les formes possibles, font partie du rayonnement de la France en elle-même, en Europe et dans le monde ».
C’est là le socle minimal d’un grand pays moderne.
Serge Letchimy a continué sa mission de parlementaire en intervenant le 6 avril 2009 lors du débat sur le développement économiques des outre mers et a présenté un amendement cosigné par Lurel et Mme Jeanny Marc sous le numéro 416 et qui se présente comme suit:
ARTICLE ADDITIONNEL
APRÈS L’ARTICLE 32, insérer l’article suivant :
“Les langues créoles font partie du patrimoine national.”
EXPOSÉ SOMMAIRE
Les langues créoles ont montré leur vivacité et leur place dans la culture nationale. Elles ont acquis un statut universitaire et font l’objet d’une qualification sanctionnée par le CAPES créole. La vivacité de ces langues a été illustrée par l’impact qu’a eu sur l’ensemble de la presse et de ses lecteurs le mot « pwofitasyon».
La Constitution affirme en son article 75-1 que « les langues régionales appartiennent au patrimoine national ». Il convient de reconnaître que les langues créoles font partie des langues de la République et donc d’en tirer les conséquences sur le plan législatif.
Jeff Lafontaine




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Cela prouve que LETCHIMY est un député dynamique ! mais il y’a encore pleins de chantiers ; Et je fais confiance à un jeune comme LETCHIMY et d’autres… pour faire avancer les choses…
PANI TCHAK !
No pb, le créole la plus belle et mélodieuse des langues !
Quel bonheur de savourer une bonne blague en créole
Un bon plat créole ..le matoutou ! les biguines d’Honoré et Barel !
Cdt
CG/ACG