Serge Letchimy intervient en faveur de la SARA
15 janvier 2010Mardi 12 janvier 2010 Serge Letchimy a posĂ© une question au gouvernement Ă propos du prix du carburant en Martinique, et a demandĂ© Ă Madame la Ministre de l’Outremer des prĂ©cisions sur l’avenir de la SARA. Vous trouverez ci dessous le texte de question et celui de la rĂ©ponse de la Ministre.
M. le président. La parole est à M. Serge Letchimy, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
M. Serge Letchimy. Je veux tout d’abord saluer, monsieur le président, la solidarité que vous avez manifestée, accompagné sur tous les bancs de l’Assemblée, pour le peuple haïtien. Monsieur le Premier ministre, on attendrait plutôt de vous que vous désavouiez l’attaque violente d’un des membres de votre gouvernement contre le Conseil constitutionnel. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC. – Exclamations sur de nombreux bancs du groupe UMP.)
Mais ma question s’adresse à Mme la ministre chargée de l’outre-mer.
Dans le contexte de crise que nous connaissons tous, tant dans l’Hexagone qu’outre-mer, chaque emploi perdu, chaque entreprise fermée, c’est une errance sociale de plus dans un monde où le profit devient la règle de vie. Dès lors, madame la ministre, dans quel état d’esprit abordez-vous la question du prix du carburant aux Antilles et quel sort réservez-vous à la seule unité industrielle de raffinerie des pays d’outre-mer, la SARA ? Allez-vous sacrifier cet outil industriel et les 500 salariés concernés, au nom d’un système où l’opacité et le profit priment ? Tiendrez-vous compte du rapport de la mission parlementaire conduite par le président de la commission des affaires économiques, Patrick Ollier, qui recommande de conforter cet outil industriel, de sauver les emplois, tout en ouvrant des perspectives nouvelles de gouvernance ?
Vous demandez à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail de trancher cette question. Cela est surprenant. Car il ne s’agit pas seulement de conditions de travail, mais de politique énergétique nouvelle et de choix stratégiques. L’essentiel pour ces territoires, c’est de réindustrialiser au lieu de désindustrialiser. Notre responsabilité, c’est de nous inscrire dans une perspective de mutation énergétique et écologique, et de sortir des schémas imposés par les multinationales. Et cela sans complexe : Total a fait 6,5 milliards d’euros de bénéfices au cours des neuf premiers mois de l’année 2009 !
Madame la ministre, l’énergie est une cause publique, elle est de ce fait nécessairement une cause humaine. Que comptez-vous faire de la SARA, cet outil économique majeur, et de ses 500 salariés ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
M. Jean-Paul Lecoq. Très bien !
M. le prĂ©sident. La parole est Ă Mme Marie-Luce Penchard, ministre chargĂ©e de l’outre-mer.
Mme Marie-Luce Penchard, ministre chargĂ©e de l’outre-mer. Monsieur Letchimy, avant de vous rĂ©pondre, je tiens Ă m’associer Ă la tristesse de la communautĂ© antillaise, qui est particulièrement bouleversĂ©e par le drame d’HaĂŻti parce que les HaĂŻtiens sont les cousins des Antillais.
S’agissant du prix du carburant, vous avez raison de soulever cette question.
M. Jean-Pierre Brard. Eh oui !
Mme Marie-Luce Penchard, ministre chargĂ©e de l’outre-mer. L’État a engagĂ© une rĂ©forme, que j’ai prĂ©sentĂ©e moi-mĂŞme lors de diffĂ©rents dĂ©placements. Mais vous savez mieux que moi que si nous voulons le prix Ă©conomiquement le plus juste, il faut que nous ayons le courage d’aborder l’avenir de la SARA. Il ne s’agit pas de remettre en cause cet outil…
M. Henri Emmanuelli. Si ! La SARA est un scandale !
Mme Marie-Luce Penchard, ministre chargĂ©e de l’outre-mer. …qui a un rĂ´le important Ă jouer sur le plan Ă©conomique. C’est la raison pour laquelle j’ai confiĂ© Ă l’ANACT le soin de nous faire plusieurs propositions qui tiennent compte de la question du pouvoir d’achat mais aussi de celle de l’emploi. Nous savons en effet que l’outil SARA a des consĂ©quences importantes en termes de dĂ©veloppement Ă©conomique et de dĂ©veloppement social en raison du mode de distribution des carburants qui a Ă©tĂ© choisi Ă un moment donnĂ©.
Je le répète : il ne s’agit pas de remettre en cause la SARA.
M. Henri Emmanuelli. Si !
Mme Marie-Luce Penchard, ministre chargĂ©e de l’outre-mer. Les Ă©lus seront largement associĂ©s Ă ce travail puisque j’ai dĂ©cidĂ© de mettre en place une commission mixte comprenant les Ă©lus de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane parce qu’à un moment donnĂ©, il faudra faire des choix politiques et que ceux-ci devront provenir des territoires concernĂ©s.
Pour conclure, je rappelle que notre politique énergétique en direction de l’outre-mer s’inscrit parfaitement dans les orientations du Grenelle. Lors du conseil interministériel sur l’outre-mer, des mesures ont été prises, notamment pour soutenir le développement des énergies renouvelables. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes UMP et NC.)




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Juste pour l’anecdote, quelle heure Ă©tait-il lors de cette intervention ?
Le drame d’HaĂŻti a eu lieu Ă 23 H MĂ©tropole. Est-ce vraiment le 12 ? Auquel cas Ă quelle heure les parlementaires dorment-ils ?
Plus sérieusement, bravo pour le soutien effectif de notre député.