URAG: Discours du président Victorin Lurel
17 juin 2010Monsieur le président de la Région Martinique, cher Serge,
Monsieur le président de la Région Guyane, cher Rodolphe,
Mesdames et messieurs les élus des trois régions,
Mesdames et messieurs les fonctionnaires,
Mesdames et messieurs,
C’est une page de l’histoire de nos trois régions qui est en train de s’écrire sous nos yeux. Mon émotion est donc bien réelle au moment d’ouvrir, ici en Guadeloupe, la séance plénière de la Conférence des présidents des trois régions françaises d’Amérique à l’issue de laquelle naîtra l’Union régionale de concertation et d’initiative Antilles-Guyane.
Que de chemin parcouru ensemble en cinq semaines Ă peine !
Le sillon que nous avons commencé à creuser à Fort-de-France le 12 mai, qui nous a conduit à Cayenne le 17 mai, et qui aboutit aujourd’hui ici à Basse-Terre, a été particulièrement fertile. Et je ne crains pas de dire qu’en cinq semaines, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane se sont davantage parlé qu’en cinq ans. Je veux d’ailleurs remercier les élus, les cabinets et les administratifs qui se sont impliqués fortement pour animer nos travaux communs et pour que ceux-ci débouchent sur des résultats concrets.
Le dialogue entre nos trois régions a toujours existé, reconnaissons-le, même si son intensité a varié au fil des années, peut-être au gré des affinités entre tel ou tel, sans doute aussi en fonction des enjeux politiques du moment. Dans un passé récent, il s’est articulé presque exclusivement autour des questions institutionnelles et statutaires qui certes, ont leur importance, mais qui – à mes yeux en tout cas – sont loin de constituer l’essentiel des problématiques et des enjeux communs à nos territoires.
Serge, Rodolphe et moi-même partageons, je crois, cette conviction que les urgences des nos peuples sont aujourd’hui économiques, sociales et culturelles. Et nous avons, tous les trois, décidé d’explorer les champs possibles d’une action commune et concertée dans tous ces domaines.
Au-delà même de nos attentes, ces champs se sont révélés extraordinairement vastes et prometteurs, comme en témoignent les comptes-rendus des travaux menés jusqu’ici. Si vastes et si prometteurs qu’il nous est apparu non seulement souhaitable, mais indispensable de créer ensemble un cadre permanent de concertation et d’initiative entre nos trois régions.
L’Union régionale Antilles-Guyane sera ce cadre que nous formaliserons par la charte constitutive de l’URAG. Nous la signerons dans quelques instants devant vous.
Au sein de cette union, nous travaillerons, nous discuterons et nous échangerons sur des sujets nécessitants des actions ou des positions communes, en particulier face à l’Etat, à l’Union européenne et aux organisations régionales de la zone.
L’URAG doit symboliser une nouvelle façon de concevoir les rapports entre nos trois régions.
Notre vision est qu’aujourd’hui, nous formons un ensemble de plus d’un million d’habitants avec une monnaie et des lois communes.
Au-delà de la simple proximité géographique, nous partageons des pans d’histoire. Nos peuples – de longue date – ont circulé entre nos trois territoires, concrétisant souvent au sein-même de leurs familles ce rapprochement que nous prenons tant de temps et de soin à construire.
« Ensemble, nous sommes plus forts ! »
Voilà un truisme, une évidence, qui peine pourtant à s’imposer dans nos têtes. Il faut encore et encore le répéter, pour que chacun en ait enfin conscience : aucun de nos territoires ne construira sa prospérité contre les deux autres. C’est une illusion de penser cela.
Et j’irai même plus loin en vous disant que nous serons prospères ensemble, ou nous ne le serons pas. Oui, mesdames et messieurs, mes chers collègues, nous ne serons prospères qu’ensemble !
C’est au XVIIIème siècle, sous Turgot, que les barrières entre les provinces françaises sont tombées, leur permettant de travailler, d’échanger et de commercer. Convenons ensemble qu’il est plus que temps, en 2010, de faire tomber ces barrières que l’on croit protectrices, mais qui en réalité nous isolent, nous rabougrissent et nous atrophient.
Nous plaçons dans l’URAG cette espérance que nous allons pérenniser une méthode et un cadre de travail commun dont la vocation est évidemment de dépasser les trois présidents qui aujourd’hui la portent.
Notre premier défi sera donc de faire fonctionner cette Union naissante. Mais, le second n’en sera pas moins ardu. Car, il s’agit pour nous maintenant de convaincre nos opinions publiques de la nécessité de créer ce grand marché. Il s’agit pour nous de les habituer à ce que nous pensions et que nous agissions ensemble.
Pour se donner les moyens de réussir cette conquête des cœurs et des esprits, je ne connais qu’une seule politique : celle de la vérité.
Quand je vais en Martinique, je ne vais pas vendre la Guadeloupe aux Martiniquais. Quand Rodolphe ALEXANDRE vient ici, il ne vient pas vendre la Guyane aux Guadeloupéens.
Evidemment, il ne faut pas être naïf, ni sombrer dans l’angélisme. Il y a des différences entre nous et il y aura des différends. Chacun se bat pour les intérêts de sa région, c’est bien naturel et certains de nos intérêts sont divergents. Mais une Union, c’est aussi un cadre pour parler ensemble de nos désaccords, calmement, dans le respect et la compréhension mutelle.
Les évoquer est déjà un progrès considérable. Pester chacun dans notre coin, les uns contre les autres, adopter des postures de ti-kok ou de ti-mal, contribue à flatter les bas instincts, mais ne permet jamais de résoudre les problèmes.
C’est pourquoi nous devrons vérité et transparence à nos concitoyens.
L’URAG naît ici devant un parterre médiatique impressionnant. Nous sommes en direct à la télévision et sur Internet pour dire à tous ce que nous faisons, avant de faire ce que nous disons.
A l’avenir, il nous faudra expliquer, il nous faudra publier, il nous faudra communiquer, afin que les fantasmes et les soupçons ne trouvent aucun silence, ni aucune zone d’ombre à habiter.
Aujourd’hui, c’est à un nouveau départ que nous invitons les Guadeloupéens, les Guyanais et les Martiniquais. A un nouveau départ autant qu’à un nouvel élan pour nos trois territoires. Notre jeunesse espère beaucoup en notre capacité à créer un espace Antillo-Guyanais qui élargirait ses horizons et ses rêves.
Donnons à nos jeunes, tous ensemble, des briques d’espoir pour construire leur avenir.
Longue vie à l’URAG.
Je vous remercie.




Chargement 



Chacun se bat pour les intĂ©rĂŞts de sa rĂ©gion, c’est bien naturel et certains de nos intĂ©rĂŞts sont divergents. Mais une Union, c’est aussi un cadre pour parler ensemble de choses que nous pouvons construire ensemble dans l’intĂ©rĂŞt de notre rĂ©gion “la caraĂŻbe”. Monsieur le prĂ©sident de la rĂ©gion Martinique, vous avez en main un concept dont nous avons besoin dans tous les foyers et cela, dans toutes la caraĂŻbe face au tremblement de terre, prenez donc le volant et dĂ©fendez “ce” projet, SĂ©kirit’li est nĂ© ici.
Bravo Ă nos amis Ă©lus! Bonnes initiatives constructives et constructrices. Heureuse d’assister Ă ces politiques si intelligentes qui je suis sĂ»re seront très concluantes. Vous ĂŞtes de vraies locomotives, reste maintenant Ă entrainer et motiver nos peuples. Oui, il y a un travail très important Ă effectuer pour que les populations se bougent, se mobilisent, adhèrent et s’investissent totalement dans tous les projets, aient des sursauts d’orgueil pour relever nos territoires et donnent non pas une image d’assistĂ©s mais celle de gens engagĂ©s et entreprenants en tous points. Il y a donc un Ă©norme travail de conscientisation en continu Ă effectuer ainsi qu’un esprit de fraternitĂ© Ă insuffler.
Soyons inventifs, créatifs, persévérants et ingénieux.
Bonne chance Ă tous!