Le patrimoine des oubliés
Samedi 22 mai 2010Chaque génération doit trouver les chaînes qu’il lui faut briser. C’est cela le sens profond de notre 22 mai d’aujourd’hui !
Chaque génération doit trouver les chaînes qu’il lui faut briser. C’est cela le sens profond de notre 22 mai d’aujourd’hui !
Le peuple martiniquais vient de s’exprimer.
Son choix est clair, net et sans ambiguïté : le Peuple Martiniquais refuse l’article 74, tel qu’il est conçu, tel qu’il est rédigé.
Notre appel à l’élaboration d’une responsabilité véritable et sérieuse, a été entendu.
Car j’en suis convaincu : l’Autonomie qu’a voulue Césaire déferlera en masse dans les rues de Foyal un soir de victoire martiniquaise. Pour l’heure les fondations manquent, hélas, d’unité et de lyannaj. A commencer par cette curieuse malformation (malfaçon ?) intellectuelle de certains cercles pensifs d’inscrire toute analyse politique locale dans la binarité d’opposition droite/gauche. Ceci est une faiblesse redondante de la vulgate marxienne qui sous-tend la pensée créole patriotique. En fait qu’est-ce qu’une nation ? C’est basiquement l’alliance d’un peuple et de ses élites.
Nul n’a le droit d’exploiter ces morts Ă des fins de propagande
Pas de place pour la fatalitĂ© et vive l’initiative, souvenez vous, après le passage du cyclone DEAN, et la fermeture de l’Ă©cole Marcel Placide de Rive Droite, les enfants ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s un peu plus loin près de la fontaine Gueydon.
Ce sont aussi elles qui font la diversité de notre société, c’est-à -dire son dynamisme et sa richesse. La France que vous nous renvoyez M. le Ministre me parait comme hors du temps, un peu comme l’homme africain de l’idéologie coloniale que décrivait de manière pour le moins inopportune le Président de la République à Dakar…
C’est avec une grande émotion et un immense plaisir que je me retrouve parmi vous pour rendre hommage au travail de mémoire inlassablement mené par « la Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme » et par l’Association, « Les Amis du Vœu de Champagney ».
Comment concevoir qu’à la différence des autres mouvements de libération nationale des autres colonies françaises, comme l’Indochine et l’Algérie, il n’y ait pas eu quelque chose d’équivalent dans les Antilles françaises ? Et comment la loi d’assimilation au statut de département en est venue à être perçue comme le renoncement à l’émancipation nationale ?
Entre la résignation de droite concédant, avec 6 ans de retard, la nécessité de rénover nos collectivités locales, et le coup de serbi des autonomistes gestionnaires cherchant, par un solibo magnifique, à détourner l’opinion de la vacuité de leur maigre bilan, il y a l’immense attente raisonnable du pays Martinique… et la méthode Atipa de la troisième voie vers la responsabilité, qui est la fière contribution de la nouvelle génération progressiste à la construction commune de cette Autonomie dont Aimé Césaire et ses camarades ont patiemment jeté les fondations, et qu’il nous revient aujourd’hui d’élever jusqu’à une conscience nationale apaisée, en la préservant de toute tentative de falsification, contre tout rétrécissement sectaire, contre toute spéculation partisane.